Les signes de Dieu

Le signe, ‘âyat en arabe, est un mot qui revient souvent dans le Coran avec plusieurs significations.
Les signes révélés : les versets
Le signe indique le sens (al-ma‘nâ) qu’il faudra chercher. Le Coran contient des chapitres (sourate) constitués de signes (versets) dont certains sont univoques, d’autres ambivalents (Cr. 3 : 7). Les musulmans se réfèrent aux savants qui sont capables d’en extraire le sens (Cr. 4 : 83). Le verset est la plus petite unité ou segment du Coran. Il peut être composé d’un seul mot (Cr. 55 : 64) ou de plusieurs phrases, voire d’une page entière (Cr. 2 : 282). Par conséquent, une partie du verset n’est pas Coran et donc n’est pas sacrée. La sourate la plus grande (2) est composée de 286 versets ; et la plus petite est la sourate 108, composée de 3 versets. Celui qui étudie le Coran travaille sur les traces – signes – de Dieu et non sur Dieu lui-même. En effet, l’Essence de Dieu reste inaccessible (Cr. 20 : 110). Le Coran vient de Dieu, mais n’est pas Dieu, ni une partie de Lui.
Les signes cosmiques et les signes intérieurs
Voici quelques passages qui évoquent ces signes de Dieu: « Il y a dans la création des cieux et de la terre et l’alternance du jour et de la nuit des signes (’âyâte) pour les gens doués d’intelligence [raison]. » (Cr. 3 : 190) « Parmi ces signes, il y a la création des cieux et de la terre et la diversité de vos langages et de vos couleurs. Il y a dans tout cela des signes pour les savants », ajoutet- il (Cr. 30 : 22). Les autres signes restent cachés dans les profondeurs de la raison et dans la conscience profonde de chaque être humain : « Dans la terre il y a des signes pour ceux qui ont une foi sûre, ainsi qu’en vous-mêmes. N’observez- vous pas ? » (Cr. 51 : 20-21)
Le miracle
Notre monde reste étonnamment inexplicable à la simple observation. À ce titre, il est déjà un signe, un miracle. Mais la sensibilité et l’intelligence des hommes se sont émoussées à cause de l’habitude de voir se répéter un ordre naturel des phénomènes. Le miracle des prophètes vient créer une exception à leur déroulement habituel pour attirer le regard vers celui qui a établi cet ordre et qui a le pouvoir de créer l’exception : Dieu. Mais parfois, cela ne convainc pas. Il peut même être source d’attitude superstitieuse, finalement contraire à celle de la foi. C’est pourquoi Dieu ne cherche pas à multiplier les miracles, explique le Coran : « Rien ne nous empêche d’envoyer des signes – miracles – sinon que les anciens auparavant n’y ont pas cru. » (Cr. 17 : 59)
Le Coran, un miracle
Certains voient dans le Coran un miracle toujours d’actualité qui frappe l’intellect. Ils ont cherché des explications littéraires, scientifiques, etc. Or, un miracle expliqué n’est plus miracle, car son propre est justement d’être inexplicable. C’est pourquoi Al-Acharî, fondateur de l’acharisme (courant sunnite majoritaire), considère que le miracle du Coran a eu un effet physique inhibiteur ponctuel sur les contemporains du Prophète. Ses contradicteurs n’ont pu relever le défi à cause de ce blocage inexplicable. Ils se sont trouvés dépossédés de toute force, volonté ou désir d’imiter le Coran, alors qu’ils en avaient théoriquement les ressources littéraires. Il ne s’agit donc pas d’un miracle intellectuel, littéraire ou scientifique, mais d’un effet psychique incapacitant (assarfat). La grand savant Ibn-Achur pense qu’il n’est pas nécessaire pour le musulman d’aujourd’hui de savoir comment les Arabes de l’époque n’ont pu relever le défi (i’jâj) que le Coran leur a posé. Il suffit d’y croire, car cette information nous a été rapportée de manière sûre. En effet, les arabophones qui lisent le Coran aujourd’hui n’y voient pas de miracle comme les contemporains du Prophète, ni intellectuel ni physique. Les non-arabophones a fortiori.
L’islam, religion aniconique
Aniconique veut dire sans symboles religieux. La Révélation n’est qu’un signe, une indication qui ne dévoile pas Dieu ni ne l’incarne. C’est ce qui fait qu’en général l’islam est une religion réfractaire à toute représentation, laquelle par nature limite l’imagination créative. Il ne connaît pas non plus d’objet sacré : minaret, croissant, chapelet, couleur verte ou vêtements ; encore moins la main de Fatma qui est un symbole superstitieux utilisé en Afrique du Nord comme protection contre le mauvais oeil. Les symboles dont on parle généralement en islam ne sont pas religieux mais culturels.
Le coran pour les nuls en 50 notions clés – collection pour les nuls culture générale – Nov 2019 – Tareq Oubrou – P264 à 266
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