L’ÉPISTÉMOLOGIE DE “L’INSTANT”

L’édifice de cette entreprise passe par une doctrine qui intègre une « épistémologie de l’instant » fondée, entre autres, sur une « théologie de la révélation » qui considère que le tout est donné dès les commencements. Les choses existaient déjà dans le savoir et le plan du Créateur, mais se révèlent à nous par fragments, d’évènements et de savoirs, dans des fractions temporelles. Des instants. Selon cette perception de l’esprit, le présent se présente comme une condensation du temps : un futur déjà passé et un instant qui se confondrait avec l’éternité. Cette vision fondamentalement théologico-mystique permet de se libérer de l’illusion de l’écoulement du temps et d’être ainsi paradoxalement phénoménologiquement décalé et oblique pour mieux percevoir et apercevoir les choses, leur réel et leur vérité. Et c’est peut-être dans ce sens, entre autres, que les soufies appellent le cheminant (as-sâlik) à être complètement fils de l’instant. Tout en étant dans l’opacité et la pesanteur du présent temporel par les lois physique et biologique du corps, il est invité à en délivrer son âme par des lois spirituelles pour entrer dans la subtilité de l’apesanteur de l’éternité. Un forme de mort avant la mort, ou plutôt une vie après la vie.

Tareq Oubrou – extrait de l’article avertissement sur www.tareqoubrou.com – Aout 2017

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