“UNE CULTURE DES MARGES”

(…) Si la fermeture de l’ijtihâd a pu résoudre le problème de l’excès normatif, elle en a créé un autre : celui du fanatisme. Chez les canonistes, la culture du pluralisme a cédé la place à une attitude plus sectaire. Ils se contentaient désormais de commenter les textes juridiques de leur école comme des textes divins, selon une logique scolastique fermée et apologétique. On a parlé à ce propos d’une « culture des marges », parce qu’il s’agissait de commentaires faits en marge des textes de droit classique. On pouvait ainsi trouver dans un même ouvrage trois marges ou plus : le commentaire du texte initial – souvent celui d’un grand maître canoniste d’une des écoles établies –, le commentaire du commentaire, le commentaire du commentaire du commentaire, et ainsi de suite. C’est ainsi que l’esprit du droit s’est perdu dans les marges et s’est retrouvé décalé par rapport à des sociétés musulmanes qui, elles, étaient travaillées en profondeur par la modernité et la sécularisation.(…)

Ce que vous ne savez pas sur l’islam – Tareq Oubrou – Edition Fayard – p73

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