jeudi, décembre 8 2022

Cette nouvelle classification que nous proposons ici est une clé de lecture pour comprendre l’esprit des textes. Elle permet d’éviter l’erreur qui consisterait à relativiser ce qui est absolu et d’absolutiser ce qui est relatif dans les enseignements coraniques. Nous avons vu que la langue arabe du Coran est une langue humaine, même si elle provient de Dieu.
Par conséquent, elle reste dans certains de ses aspects métaphorique, plurivoque et ambivalente, comme toute langue. Ses significations ne doivent pas être systématiquement prises au pied de la lettre, comme absolues. Conscients de ce fait linguistique et sémantique, les coranistes exégètes parlent de al-ma‘na, c’est à- dire le sens des mots au-delà de leur vocable. Ils appliquent la règle selon laquelle : « Le sens circonstanciel du verset doit l’emporter sur le sens absolu ».
Ce qui veut dire que le sens doit être lié aux circonférences particulières du contexte historique du Coran tant qu’il n’y a pas d’indices qui permettent son universalisation. C’est la doctrine exégétique défendue par les savants chaféites, malikites et hanbalites, obligeant le commentateur à revenir à la discipline qui traite des circonstances de la Révélation (asbâbu an-nuzûl). Les plus connues sont les circonstances ponctuelles.
J’en ajouterai ici une deuxième catégorie, la culture générale des Arabes auxquels le Coran s’est adressé en premier lieu. Beaucoup de normes coraniques, notamment dans les domaines des contrats de commerce, de mariage et autres, ont intégré des codes liés au contexte, comme le fait de donner à sa fille la moitié de son frère en matière d’héritage. L’imam Châtébî rappelle que c’était une coutume arabe à cette époque (in al-muwâfaqâte).

Quelle place pour l’Islam dans la République ? pour les Nuls – ça fait débat – FIRST Édition – 2021 – Tareq Oubrou – p31

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