samedi, novembre 27 2021

À la différence du christianisme, l’islam reste aniconique, c’est-à-dire sans aucun symbole ni représentation, encore moins celle de Dieu. Les musulmans refusent toute représentation du Prophète, qui n’est d’ailleurs interdite par aucun texte, ce n’est que par principe de précaution théologique, justement pour ne pas l’idolâtrer. Comme dans le judaïsme, Dieu n’abandonne rien de ses attributs transcendants : il ne se révèle aux Hommes ni par apparition ni par incarnation a fortiori. On parle alors d’une Révélation de Dieu à distance (mubâyana).

En effet, le Verbe de Dieu s’est fait écrit (Coran) et non chair (Mahomet). Dieu n’est pas venu habiter le monde des Hommes, ses représentants sur Terre sont des califes (khulafâ’) pour reprendre le terme du Coran (Cr. 27, 62). Quant à Jésus dans le Coran, il est venu de Dieu mais il n’est pas devenu Dieu. Il est un prophète et un Homme, certes, mais pas comme les autres. Il reste le Verbe de Dieu (kalimatullah) et l’Esprit de Dieu (Cr. 4, 171). Et s’il est devenu chair, c’est par création et non par engendrement. Dieu l’a créé comme le premier être humain, Adam, par le seul impératif : « Soit ! Et il fut » (Cr. 3, 59).

Dieu est donc séparé du monde. Cette disposition théologique de la révélation musulmane est encore plus « laïque » que le seul fait de rendre à César ce qui revient à César et à Dieu ce qui revient à Dieu, puisque Dieu n’est pas venu habiter le royaume de César, contrairement au Christ dans les religions chrétiennes. Ceci est la première séparation des ordres en islam.

https://www.pourlesnuls.fr/livres/culture-generale/societe/quelle-place-pour-l-islam-dans-la-republique-pour-les-nuls-ca-fait?

Quelle place pour l’Islam dans la République ? pour les Nuls – ça fait débat – FIRST Édition – 2021 – Tareq Oubrou – p6

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