LA FIN D’UNE CIVILISATION

En général, tous ces discours sont paternalistes, infantilisants, tutélaires, voire curatélaires… Hypnotiques, ils ne donnent aucun espoir pour un soupçon d’éveil et par conséquent empêchent toute autonomisation et toute responsabilisation des individus, dont le « je » disparaît dans un « nous » commode. Un vrai panurgisme.
C’est pourquoi nous ne nous faisons pas ici trop d’illusion quant à la réception qui sera faite de notre projet, car il s’attaque à des pseudo-évidences profondément gravées dans les esprits. Réaliste, cette initiative vise à ralentir dans la mesure du possible une dérive qui mène la pensée religieuse musulmane vers un vide, et ce avec une vélocité exponentielle. Car contrairement à ce que pensent beaucoup d’observateurs, l’effervescence religieuse que l’on perçoit dans le monde musulman depuis les années soixante dix, n’est pas vraiment le signe d’une véritable renaissance de l’islam ; mais présente plutôt les symptômes d’une agitation violente qui précède une agonie. Ce n’est pas un début de quelque chose, mais la fin de ce qui reste de l’effondrement de la civilisation arabo-musulmane.
Sans vouloir être dans la peau d’un sauveur, loin de là, nous pensons avec prudence intellectuelle que le début du remède à ce risque potentiel d’implosion religieuse se trouve dans deux mots clés : le paradoxe et le doute. Leur introduction dans l’économie intellectuelle et spirituelle de l’islam permettrait d’effectuer un saut qualitatif qui passe par une remise en cause radicale, qui fait sortir l’esprit musulman de l’ennui, de la routine des habitus cognitifs et des autosatisfactions trompeuses.

Tareq Oubrou – extrait de l’article avertissement sur www.tareqoubrou.com – Aout 2017

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