LA FOI

Le mot foi (‘imân) a plusieurs significations : une simple croyance (‘aqîdat), une pratique (‘amal) ou un état spirituel (hâl). Il signifie aussi la reconnaissance, le contraire de l’ingratitude qui est l’autre nom de l’incroyance ou de la mécréance (kufr). Son sens change alors selon l’usage scripturaire.

La foi d’abord

Le Coran appelle à la foi d’abord, puis à la pratique. Est donc musulman celui qui a déjà la foi. Et « la foi (al-’imân) c’est croire en Dieu, ses anges, ses Écritures – le Livre révélé –, ses Envoyés (prophètes), le Jour dernier et le Destin » (Bukhârî).Cette parole du Prophète résume le credo musulman. On parle des « six piliers de la foi ».

Ensuite viennent les « cinq piliers de l’islam ». « L’islam (al-’islâm), c’est attester verbalement que Dieu est unique, que Mahomet est son messager ; accomplir les cinq prières (salat), s’acquitter de l’aumône légale (zakat), jeûner le mois de ramadan (sawm) ; et d’effectuer le pèlerinage à La Mecque (hajj) pour celui qui en a les moyens. »Il y a ici une nette séparation entre la foi et la pratique. Cela implique, selon la doctrine orthodoxe sunnite, que la négligence d’une pratique cultuelle ou le fait de commettre une faute morale (péché) même grave n’est pas une raison d’excommunication tant que le musulman a la foi et tant que lui-même ne déclare pas qu’il ne l’est plus.

En effet, la seule foi en Dieu peut sauver le musulman dans l’au-delà : « Celui qui meurt tout en reconnaissant –avec son coeur – qu’il n’y a d’autre dieu que Dieu entrera au paradis », affirme un hadith (Muslim).Le maturidisme, une branche de l’orthodoxie sunnite, considère que la foi est un simple assentiment du cœur, et que le musulman n’a pas besoin de le montrer publiquement. Les autres courants sunnites – ascharite et hanbalite – introduisent dans la définition de la foi sa visibilité, ne serait-ce que par la double attestation publique de la foi.

En effet, proclamer « Dieu est Unique et Mahomet son Prophète » détermine pour eux le « baptême » du musulman.Les mutazilites et les kharijites estiment quant à eux que la pratique est consubstantielle à la foi. Celui qui laisse une pratique majeure ou commet un grave péché (murtakib al-kabîra) a perdu la foi. Il est « musulman impie » (fâçiq), voué à l’éternité en enfer. Ces deux doctrines extrêmes du salut se sont éteintes.

La foi concrète

La foi est un sentiment censé ouvrir sur des actes : « Aucun d’entre vous ne sera véritablement croyant – ou vrai homme de foi – tant qu’il n’aime pas pour son prochain ce qu’il aime pour soi. » (Bukhârî) « La foi (imân) est une déclaration verbale de l’unicité de Dieu et la prophétie de Mahomet, l’accomplissement des cinq prières quotidiennes et l’aumône canonique. » (Bukhârî) Pourvu qu’elles soient régulières, les pratiques religieuses même faibles entretiennent la flamme de la foi. Les négliger pourrait conduire à son extinction. Les sunnites proposent une autre définition de la foi, dynamique cette fois-ci : « Elle est un assentiment du cœur, une déclaration verbale, une pratique visible. Elle augmente et diminue, se renforce grâce aux pratiques religieuses et s’affaiblit à cause des fautes. »

Pratique intérieure

« Dis-leur que : “Vous n’êtes pas croyants, même si vous dites “nous sommes musulmans” tant que la foi n’a pas encore pénétré vos cœurs !” » (Cr. 49 : 14) Voilà la réponse du Coran à des paysans convertis par opportunisme à l’islam ou par effet de groupe. Car il existe des musulmans qui pratiquent par effet d’entraînement et par mimétisme sans jamais goûter à la douceur d’une foi sincère et authentique.

Synthèse

« Les vrais croyants sont ceux dont, quand le nom de Dieu est évoqué, les cœurs frémissent ; et quand Ses versets leur sont récités, cela augmente leur foi. Et en Dieu ils placent leur confiance, ceux qui accomplissent la prière et partagent les biens que nous leur avons accordés, ceux-là sont de vrais hommes de foi. » (Cr. 8 : 2-4) Les pratiques sont une condition pour l’amélioration de la foi, non pour sa validité. La foi se renforce et s’affaiblit en fonction de la quantité et de la qualité des pratiques.

Le coran pour les nuls en 50 notions clés – collection pour les nuls culture générale – Nov 2019 – Tareq Oubrou – p120 à 122

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