Se tromper de croyance est légitime

[…] Nous avons déjà évoqué la question du pluralisme de la vérité, partant du principe qui dit « kullu mujtahid musîb », ce qui signifie que tout effort intellectuel est légitime et méritoire quel que soit son résultat. Il ne nous a pas été demandé d’avoir la vérité, mais de la chercher. Il n’y a d’obligation de résultat avec Dieu, ni intellectuel ni moral, même si l’effort est requis. Deux auteurs musulmans sont clés en ce domaine : Al-‘Anbarî [1] et Al-Jahez [2].

Leur analyse théologique considère que tout avis éthique et même dogmatique au niveau des croyances est légitime même s’il ne coïncide pas avec la vérité. Pour être plus précis, il s’agit de légitimer des croyances et non de les reconnaître comme vérité, puisque selon la théologie musulmane de ces deux savants il ne peut y avoir qu’une seule vérité. Autrement dit, l’islam est la vérité théologique pour les musulmans, mais les autres croyances sont légitimes moralement. Il n’y est question que d’erreur et non de faute morale. Elles ne sont donc pas moralement condamnables. […]

1. Abdelmalik al-Juwanî, At-Talkhîs, Dâr al-Bachâ’ir al-Islamiyya, Beyrouth, 1996, t. III, question no 314, § 1820, p. 342.

2. Az-Zakachî, Al-bahr al-muhît, authentifié par Omar al- Achqar et Abdusattâr Abu Ghudda, édité par le ministère des Affaires cultuelles du Koweït, [s. d.], t. VI, p. 236.

Appel à la réconciliation : Foi musulmane et valeurs de la République française – Tareq Oubrou – Édition Tribune Libre Plon 2019 – p174 à 175

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