L’islam est la religion de la Loi », une pseudo-évidence

Notre approche contiendra une « déconstruction[1] » qu’un Derrida qualifierait de « différance[2] ». Un acte ou un événement provisoire. Le but est de démonter les éléments du « système islamique » non pas pour le seul plaisir d’en analyser l’architecture et le fonctionnement, mais pour faire advenir un islam possible qui n’a pas pu être encore.
Elle sous-tend toute la démarche intellectuelle de cet ouvrage. Nous l’appliquerons également ici au sujet de la Loi.
Nous commencerons de prime abord par faire remarquer que l’apparition de la Loi dans le monothéisme remonte à Moïse. Il fut le premier à l’introduire de manière notoire dans le judaïsme. Jésus est venu l’adoucir et l’accomplir dans la Loi d’amour. Ce mouvement de la sortie de la Loi de l’Ancien Testament a donc été amorcé par le catholicisme, puis la Réforme qui a ouvert la voie aux Lumières : déisme, humanisme, rationalisme, entre autres. Depuis, le droit positif dans les sociétés occidentales a remplacé progressivement le droit canonique, pour dire les choses de manière trop générale et rapide.
C’est dans ce mouvement de sécularisation que l’islam avec sa sharia apparaît aujourd’hui comme une incohérence de l’histoire, une remise en cause de cette « sortie de la loi religieuse ». […]
1. C’est un concept issu d’une onto-théologie, mais sécularisée. Une forme de « désobstruction » heideggérienne (Martin Heidegger, Être et Temps, Gallimard, 1986, p. 45-53). Qui n’a rien à voir avec la « démolition nietzschéenne » (Jacques Derrida, De la grammatologie, Les Éditions de Minuit, 1967, p. 33).
2. Un mot qui revient soixante et onze fois dans son ouvrage de la grammatologie.
Appel à la réconciliation : Foi musulmane et valeurs de la République française – Tareq Oubrou – Édition Tribune Libre Plon – p103-104
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