Vers une lecture réconciliatrice : la piété

 Devant l’ambivalence des textes, les commentateurs ont toujours usé de subtilités exégétiques pour réconcilier les paradoxes apparents. Comme ce verset qui appelle à une intransigeante rectitude : « Soyez [intégralement] pieux (pratiquants), comme il se doit[1] ! » ; alors que plus loin cet autre verset dit : « Soyez pieux (pratiquants) comme vous le pouvez[2] ! » Que faire ? Faut-il être pieux absolument ou relativement, faut-il pratiquer totalement ou partiellement les impératifs coraniques ?
Pour surmonter cette opposition, la réponse fut une combinaison des deux versets : chaque croyant peut atteindre le summum de la piété, de sa piété, et de ce qui en découle comme pratiques, et ce, dans les limites de ses propres capacités. L’intransigeance dans le premier verset est au niveau du principe de piété ; quant à sa traduction en pratique, elle reste relative en fonction des individus et de leur condition, comme le souligne le second verset. Chacun est donc capable d’atteindre la perfection dans la mesure de ses potentialités spirituelles et morales, en rapport avec la singularité de son être et la particularité de sa situation.
1. Coran (3, 102).
2. Coran (64, 16).
Appel à la réconciliation : Foi musulmane et valeurs de la République française – Tareq Oubrou – Édition Tribune Libre Plon 2019- p25 à 26
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