“Ce qui est universel, c’est le principe, pas forcément la loi.”

Il y a des pratiques liées au moment coranique, nous venons d’en citer quelques-unes. D’autres ne sont lisibles et intelligibles que pour les contemporains du Prophète. Elles sont même devenues désuètes pour nous. Prenons pour exemple l’interdiction d’un jeu d’argent appelé maysir. « Il est une pratique interdite qui nous est totalement inconnue aujourd’hui, par conséquent son nom doit être éteint et sa trace effacée », disait d’elle un savant classique médiéval[1]. De fait, cette interdiction demeure, faisant partie du Coran, donc du sacré. Et c’est ainsi que le verset qui en parle est récité par les musulmans dans leur prière liturgique sans en connaître le sens. Certains musulmans se demandent alors pourquoi Dieu garde dans son Livre des enseignements voués à être caducs pour les générations à venir, lui qui connaît le futur. Tout simplement pour légitimer le principe de réalité. C’est une forme de pédagogie divine. Autrement, en fonction des changements du contexte, la traduction du principe de réalité en une règle conjoncturelle doit également changer. Ce qui est universel, c’est le principe, pas forcément la loi. À ce titre, suivre le Coran, c’est suivre sa voie et sa méthode (minhâdj). Le principe est un point de départ, non d’arrivée.
1. Abubakr ibn al-Arabî, ahkâm al-Qur’ân, Dâr al-Maarifat,
Beyrouth, [s. d.], t. II, p. 656.
Appel à la réconciliation : Foi musulmane et valeurs de la République française – Tareq Oubrou – Édition Tribune Libre Plon 2019 – p39 à 40
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