mardi, avril 23 2024

Hajj, en arabe. C’est le cinquième pilier de l’islam : une obligation à remplir une fois dans la vie, pour celui qui en a les moyens, financiers et physiques. Il s’effectue du 8 au 13 dhulhijja, le douzième mois lunaire.

Origine du pèlerinage

Abraham a construit la Kaaba à La Mecque sous l’ordre de Dieu, qui lui demanda d’en faire un lieu de pèlerinage (Cr. 22 : 27-29). Les Arabes y introduisirent de nombreuses déités (statues) qu’ils associèrent au Dieu d’Abraham. Lorsque Mahomet proclama sa prophétie, il y avait 360 idoles autour de la Kaaba. L’islam conserva le rite du pèlerinage antéislamique en enlevant les idoles.

Trois modes de pèlerinage

Il y a trois options devant le pèlerin. Il choisit la plus commode pour lui : Ifrâd, Qirân ou Tamatu‘e. Le plus simplifié, ifrâd, ne nécessite pas de sacrifice d’animal (ovin, caprin, bovin et camelin), et n’inclut pas la Omra, le petit pèlerinage, à la différence des deux autres.

Le circuit du pèlerinage, ou le souvenir d’Abraham et d’Hagar

Dès que le pèlerin entre dans le périmètre de sacralisation (miqâte), il doit se mettre en état de sacralisation (ihrâm). Il doit se priver de rapports sexuels, ne doit pas tuer d’animaux, ne pas arracher de plante, ne se couper ni ongles ni cheveux, ni se parfumer, etc. Les hommes mettent un simple habit non cousu et ne doivent pas se couvrir la tête, tandis que les femmes portent une tenue habituelle avec l’interdiction de se voiler le visage et de porter des gants. C’est un moment d’ascétisme.Dès son arrivée à La Mecque, le pèlerin entame les sept circumambulations autour de la Kaaba, il boit à la source de Zamzam, qui permit à Hagar de sauver la vie de son enfant Ismaël. Puis il accomplit sept courses entre les deux rochers de Safa et Marwa distant de 450 mètres, en souvenir de l’errance de Hagar qui y avait cherché de l’eau pour son bébé, Ismaël.

Le premier jour canonique du pèlerinage (tarwiya) commence le 8 dhulhijja. Le pèlerin passe par Mina qui se trouve à 5 km à l’est de La Mecque où il peut passer la nuit pour aller le deuxième jour (9 dhulhijja) vers le mont Arafat situé à 20 km de La Mecque. C’est le seul moment du pèlerinage où tous sont rassemblés en même temps dans un recueillement intense durant toute la journée et dans le même espace jusqu’au coucher du Soleil. C’est le rite le plus important du pèlerinage.

Puis, le pèlerin retourne à Mina, en passant par Muzdalifa, pour y être le dixième jour. Une fois à Mina, le pèlerin procède à la lapidation de l’une des trois stèles avec sept cailloux.Ces stèles sont les lieux où Abraham lapida Satan venu le tenter. Puis le pèlerin se coupe les cheveux en guise de désacralisation partielle. Tout lui est permis sauf le rapport sexuel. Il se dirige alors vers La Mecque pour accomplir les sept circumambulations autour de la Kaaba.Après ce rite, il se désacralise définitivement (tahallul). Ce moment du pèlerinage, le dixième jour du mois dulhijja, est un moment de communion avec tous les musulmans.

Il correspond à la fête du sacrifice (‘îd al-adhâ). Les pèlerins qui ont opté pour les deux autres modes du pèlerinage (qirân et tamattu‘e) y sacrifient une bête en même temps que tous les musulmans de par le monde.Durant les trois jours suivants, il retourne à Mina pour la lapidation des trois stèles cette fois-ci, sept cailloux pour chaque stèle. Il peut se contenter de deux jours s’il est pressé et finir ainsi son pèlerinage par sept circumambulations d’adieu avant de quitter La Mecque.

Une fois terminé son pèlerinage majeur (hajj), il peut alors effectuer le mineur (Omra), à condition de sortir du périmètre de sacralisation, puis rentrer à La Mecque de nouveau en état de sacralisation comme la première fois.Il effectue les sept circumambulations, puis le parcours sept fois entre les deux rochers de Safa et de Marwa. « Celui qui effectue le pèlerinage sans tomber dans la grossièreté ni commettre d’immoralité reviendra chez lui innocent de tout péché comme le jour de sa naissance », affirme le Prophète (Bukhârî).

Le pèlerinage intérieur

Comme pour tous les autres cultes, le pèlerinage contient une dimension intérieure. C’est un voyage du coeur vers Dieu à travers un cheminement initiatique qui suit les traces d’Abraham. À chaque étape, le pèlerin doit avoir présent à l’esprit un sens spirituel, sinon son pèlerinage ne serait qu’un ensemble de gestes superstitieux.


Le coran pour les nuls en 50 notions clés – collection pour les nuls culture générale – Nov 2019 – Tareq Oubrou – p210 à 212

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