RÉVÉLER N’EST PAS DÉVOILER

Selon le Coran, la communication divine se fait par médiation et à travers un voile[1]. Celui- ci, comme tout voile, cache et montre en même temps. Al- wahî est le concept utilisé par le Coran pour qualifier ce mode de contact avec le Prophète. Il signifie, entre autres, faire signe. C’est à ce titre que les versets du Coran sont appelés signes (âyât) [2]. Il n’est pas question d’un dévoilement, encore moins d’une incarnation, mais d’une simple indication – une communication à distance qui procède par sémiologie et qui ne lève pas totalement le suspens sur la vérité de Dieu ni de Son dessein. Il s’agit de montrer un sens (ma‘nâ) et/ou une direction qui invite à continuer de chercher. De ce point de vue, le Coran est plus un point de départ qu’une station d’arrivée. C’est de ce rapport inversé avec le Coran que souffre la pensée musulmane aujourd’hui, bloquée dans le texte. Au lieu de regarder la lune, elle regarde le doigt qui la montre.

1. Coran (42:51).

2. « C’est lui qui t’a révélé un Livre dans lequel il y a des âyât [versets] univoques constituant la matrice du Livre, d’autres sont équivoques. » Coran (4:7).

Ce que vous ne savez pas sur l’islam – Tareq Oubrou – Édition Fayard 2016 – p27 à 28

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